Docteur François Dupuys

Calculs vésiculaires

Vous allez être opéré(e) de calculs vésiculaire.

Le(s) calcul(s) résulte(nt) de la précipitation de sels biliaires dans la vésicule. Il(s) occasionne(nt) des douleurs modérées ou simplement une gêne sous les côtes à droite, dans un premier temps.

Puis la colique hépatique peut survenir : douleur brutale intense, pliant en deux avec vomissements durant plusieurs heures, disparaissant plus ou moins spontanément. Généralement les coliques se répètent ou évoluent vers :

-la cholécystite aiguë qui est une infection avec inflammation de la vésicule puis des organes avoisinants: douleurs encore plus importantes, associées à une fièvre, des vomissements, des malaises. Elle ne peut disparaitre spontanément et nécessite un traitement antalgique, des antibiotiques généralement en hospitalisation et conduit le plus souvent à l’intervention dans des délais brefs.

-l’angiocholite : passage de calcul(s) dans la voie biliaire, engendrant douleurs jaunisse, septicémie : il faut une prise en charge chirurgicale ou un cathétérisme avec sphinctérotomie (par un docteur gastro-entérologue), nous y reviendrons. Non traitée, elle peut-être mortelle.

-la pancréatite biliaire : inflammation de la glande pancréatique, modérée ou extrêmement grave, nécessite une prise en charge médico-chirurgicale : cathétérisme et sphinctérotomie en premier puis intervention plus tard.

Il vaut donc mieux opérer au stade débutant afin d’éviter les graves complications.

L’intervention se fait généralement par cœlioscopie, sauf si vous avez  été opéré(e)  auparavant de l’estomac,  du duodénum ou de l’intestin grêle.

Quatre petites incisions sont nécessaires, afin d’enlever la vésicule, vérifier la voie biliaire par radiographie au cours de l’intervention, afin de rechercher des calculs ayant migré : il(s) s(er)ont enlevé(s ) par voie chirurgicale ou en cas d’impossibilité par cathétérisme et sphinctérotomie (évoquée plus haut, examen sous anesthésie générale, consistant en l’ouverture de la sortie de la voie biliaire et du canal du pancréas). Il faut savoir que cette sphinctérotomie peut entrainer une pancréatite de façon exceptionnelle.

 Si l’inflammation est très importante ou l’anatomie anormale par malformation, une incision sous les côtes peut s’avérer nécessaire.

Les complications de l’acte chirurgical sont rares, mais il faut les décrire :

–       La plaie de voie biliaire, généralement survenant au cours des problèmes d’infection rendant l’acte chirurgical plus difficile et malaisé: peut nécessiter une ou des réinterventions.

–       L’hémorragie postopératoire aiguë survenant par saignement du foie dans la nuit ou le lendemain de l’intervention : une réintervention pour stopper le saignement peut s’avérer nécessaire ainsi que des transfusions.

–       Un écoulement de bile par un petit canal aberrant (anomalie anatomique) se jetant dans la vésicule, complication exceptionnelle mais conduisant à une réintervention ou à un cathétérisme avec sphinctérotomie.

–       Plaie exceptionnelle d’un organe digestif de voisinage : estomac, duodénum, colon.

–       Saignement sur une incision par une artère musculaire : la réintervention peut survenir.

–       L’abcès postopératoire sous le foie ou sur l’un des orifices : généralement dans un contexte de cholécystite. Traitement par antibiotique, rarement intervention pour nettoyer et drainer.

–       L’hématome sous le foie : généralement disparait spontanément.

Les complications non chirurgicales : phlébite, embolie, infarctus, fonction de votre état cardiaque et de vos vaisseaux.

Ces complications sont exceptionnelles, plus ou moins graves, parfois mortelles à mettre en balance avec les risques beaucoup plus élevés que peut entrainer votre calcul.

Tout geste chirurgical peut en effet se compliquer, dans des pourcentages variables mais généralement très bas, voire infimes,  en fonction de la maladie et de la complexité de l’intervention.

De plus, votre état général peut associer des facteurs de risques et engendrer eux-mêmes des complications (cardiaques, pulmonaires, vasculaires) que le médecin anesthésiste vous détaillera lors de votre consultation pré-opératoire auprès de lui.