Docteur François Dupuys

Cancer de l’estomac

Cancer de l’estomac, qu’est ce que c’est ?

Le cancer de l’estomac, aussi appelé cancer gastrique, est causé par une tumeur malignequi se forme, la plupart du temps, dans les tissus de la paroi de l’estomac. C’est un cancer qui progresse lentement et que l’on rencontre rarement avant 50 ans.

Plus de 90 % des tumeurs qui provoquent le cancer de l’estomac sont des adénocarcinomes, c’est-à-dire qu’elles prennent naissance dans la muqueuse, la couche interne de l’estomac. Les tumeurs peuvent éventuellement s’étendre aux autres couches de la paroi stomacale, aux ganglions lymphatiques et ailleurs dans l’organisme (foie, pancréas, côlon, poumons).

Les autres formes de cancer de l’estomac, comme le lymphome gastrique (qui touche le système lymphatique), le sarcome (qui touche les tissus musculaires) ou la tumeur stromale gastro-intestinale (qui naît dans les tissus des organes qui soutiennent le système digestif), sont beaucoup plus rares. Il n’en sera pas question dans cette fiche.

Causes

On ne connaît pas de cause précise au cancer de l’estomac, mais l’inflammation chronique de la muqueuse qui tapisse l’estomac en fait augmenter le risque. Le cancer de l’estomac est également associé à la consommation, sur une longue période, d’aliments salés, fumés ou marinés, tout comme au tabagisme.

Évolution

Plus le cancer de l’estomac est diagnostiqué tôt, meilleures sont les chances de guérison. Quand il se limite encore à la muqueuse de l’estomac, plus de 50 % des personnes atteintes y survivront plus de 5 ans. S’il s’est répandu dans le système lymphatique, dans les couches musculaires ou à d’autres organes, le taux de survie à 5 ans est inférieur à 10 %.

Qui est touché?

Au Canada et aux États-Unis, le cancer de l’estomac est peu fréquent. Il est même en déclin. En 2009, il représentait moins de 2 % de tous les nouveaux cas de cancer chez les Canadiens.

À travers le monde, le cancer de l’estomac demeure tout de même la 2e cause de mortalité par cancer. Ce type de cancer est plus fréquent dans les populations aux conditions socio-économiques précaires, qui ont beaucoup recours à la salaison et au fumage pour laconservation des aliments. Le Japon, la Chine et le Chili figurent parmi les pays les plus touchés. Dans les pays industrialisés, la réfrigération a contribué à réduire l’incidence de ce cancer.

Au début, le cancer de l’estomac ne déclenche que très rarement des symptômes spécifiques et évidents. Il est donc difficile de diagnostiquer la maladie à un stade précoce. Toutefois, il arrive souvent qu’une tumeur dans l’estomac provoque les symptômes suivants :

  • une sensation de ballonnement, l’impression d’avoir l’estomac plein même après avoir peu mangé;
  • de l’indigestion prolongée ou récurrente;
  • une perte d’appétit;
  • des douleurs abdominales, des brûlures d’estomac;
  • une perte de poids inexpliquée;
  • des nausées et vomissements;
  • une diarrhée persistante;
  • des vomissements de sang;
  • de la difficulté à avaler.
Ces symptômes n’indiquent pas forcément la présence d’une tumeur cancéreuse. En effet, ils peuvent être les signes d’autres problèmes plus courants, comme un ulcère de l’estomac ou une infection due à une bactérie. Si ces symptômes se manifestent, consultez rapidement un médecin pour que celui-ci fasse les examens adéquats et en détermine la cause.
  • Les personnes qui vivent dans des conditions socio-économiques faibles, comme c’est le cas dans plusieurs régions d’Asie.
  • Les personnes de plus de 50 ans.
  • Les hommes sont plus à risque de souffrir d’un cancer de l’estomac que les femmes.
  • Les personnes souffrant de gastrite chronique (inflammation de la paroi de l’estomac) ou ayant souffert d’une infection due à la bactérie Helicobacter pylori (H. pylori).
  • Les personnes dont un parent a souffert du cancer de l’estomac.
  • Les personnes qui ont déjà subi une chirurgie à l’estomac.
  • Pour des raisons qu’on ignore, dans les études, le fait d’être du groupe sanguin de type A est associé à un risque légèrement accru de cancer de l’estomac.

Plusieurs facteurs d’origine alimentaire sont incriminés, mais on connaît mal leur impact réel en Occident.

  • Pour les Occidentaux, le principal facteur de risque est, de loin, l’inflammation de la paroi stomacale due à la bactérie Helicobacter pylori, première responsable des ulcères de l’estomac. Attention : dans la grande majorité des cas, une infection due à H. Pylori ne provoque pas de cancer gastrique.
  • L’abus de tabac.
  • Une trop grande consommation de sel provenant d’une alimentation riche en viandes ou en poissons fumés ou salés, ou en produits marinés dans le vinaigre.
  • Un régime pauvre en légumes.
  • Une trop grande consommation de nitrates et de nitrites, utilisés comme agents de conservation dans les charcuteries.
  • Une exposition prolongée à certains produits chimiques industriels toxiques utilisés dans le traitement du caoutchouc et dans la fabrication du plomb.
  • L’obesité.

Ces mesures pourraient contribuer à diminuer le risque de cancer de l’estomac :

  • Cesser de fumer.
  • Ne pas consommer d’alcool de manière excessive.
  • Limiter sa consommation de sel.
  • Limiter sa consommation de viandes ou poissons fumés ou salés.
  • Consommer régulièrement des fibres, des fruits et des légumes.

Les traitements du cancer de l’estomac varient selon le stade et le degré de malignité (le grade) du cancer. Souvent, on combine plusieurs thérapies, soit la chirurgie, la radiothérapie ou la chimiothérapie. La chirurgie est le seul traitement qui puisse éliminer la tumeur et mener à une véritable guérison. Parfois, il n’est pas possible d’enlever la tumeur à cause de sa taille ou parce que le cancer s’est étendu à d’autres organes. Dans ces cas, des traitements sont disponibles pour ralentir la progression de la maladie cancéreuse et soulager les symptômes incommodants.

Chirurgie

Si la tumeur est superficielle, il faut retirer la partie atteinte de l’estomac ou sa totalité, et quelques-uns des ganglions lymphatiques à proximité. Selon l’emplacement de la tumeur dans l’estomac, le chirurgien peut aussi procéder à l’ablation d’une partie de l’oesophage, ou de l’intestin grêle. À la suite de cette intervention, une chirurgie reconstructive permet de relier de nouveau l’estomac à l’oesophage ou à l’intestin grêle.

Si le cancer est très avancé et touche d’autres organes à proximité de l’estomac, il peut être nécessaire de procéder à une chirurgie plus étendue. Cela peut impliquer de retirer l’estomac en entier, les ganglions lymphatiques voisins et, selon le cas, la rate et des parties de l’oesophage, de l’intestin grêle ou du pancréas. Au terme de cette opération, le chirurgien relie l’oesophage à l’intestin.

Après avoir subi une gastrectomie, il demeure possible de bien s’alimenter. Cependant, puisque la capacité de l’estomac est réduite, il faut adapter son alimentation, par exemple en prenant des repas moins copieux, mais plus nombreux. Les patients qui ont subi une gastrectomie doivent aussi prendre certains suppléments alimentaires, comme la vitamine B12.

Chimiothérapie

Dans le cas du cancer de l’estomac, on a généralement recours à la chimiothérapie après l’intervention chirurgicale, pour éliminer les cellules cancéreuses qui auraient pu échapper à l’opération et ainsi éviter une récidive. La chimiothérapie est de plus en plus utilisée avant la chirurgie.

On peut aussi avoir recours à la chimiothérapie pour atténuer les symptômes et ralentir la progression de la maladie si une tumeur ne peut être enlevée.

La chimiothérapie peut être administrée par voie intraveineuse ou orale. Les médicaments chimiothérapeutiques attaquent les cellules cancéreuses, mais ils endommagent aussi certaines cellules saines. Pour donner au corps le temps de récupérer, on administre la chimiothérapie de manière cyclique. Les effets secondaires sont multiples : nausée, vomissements, fatigue, perte d’appétit, perte de cheveux et risque accru d’infection.

Radiothérapie

La radiothérapie est peu utilisée dans les cas de cancer de l’estomac. Elle peut l’être avant ou après la chirurgie. Elle peut aussi servir à soulager les symptômes d’une tumeur qui ne peut être enlevée.

Ce traitement permet de diriger des rayons ionisants sur un endroit précis du corps pour détruire les cellules cancéreuses qui s’y sont formées. Comme les rayons de haute énergie endommagent aussi les cellules saines, cette thérapie a différents effets secondaires qui sont plus ou moins incommodants, selon le patient. Celui-ci peut se sentir fatigué, il peut aussi remarquer que la peau de la zone irradiée est rouge et sensible. La radiothérapie pour une tumeur de l’estomac peut provoquer des diarrhées, des indigestions ou des nausées. Les effets secondaires de la radiothérapie s’estompent après le traitement, lorsque les cellules saines se sont régénérées.